02 décembre 2009
Conférence "Enjeux de la microfinance en France"
Souvent perçue comme un outil destiné aux pays en voie de développement, la microfinance répond cependant à des besoins très concrets dans les pays développés, y compris en France. Paradoxalement, alors que la microfinance connaît un croissance importante dans les pays en voie de développement, elle a plus de difficultés à percer en France.
La conférence consacrée aux « Enjeux de la microfinance en France » se penche sur les obstacles mais aussi les atouts de ce secteur.
D’ordre principalement réglementaire, selon les participants, les freins auxquels doit faire face la microfinance en France sont dus à l’inertie des institutions, politiques et bancaires. Le nécessaire changement de mentalités se heurte, contrairement aux pays en voie de développement, à des acteurs solidement établis fonctionnant sur des schémas parfois complémentaires mais aussi parfois étrangers à ceux de la microfinance. Or celle-ci ne peut réussir à se développer dans un pays comme la France qu’en collaborant aussi efficacement avec le secteur bancaire traditionnel.
La pédagogie, notamment à l’égard des décideurs bancaires et politiques, apparaît dès lors comme le levier d’action principal. Notamment dans un contexte économique et social appelant à inventer de nouvelles méthodes pour lutter à la fois contre l’exclusion tout en favorisant le développement économique, et notamment la création d’entreprises.

Introduction et présentation des intervenants
La microfinance en France
Système bancaire et microcrédit
Les taux d’intérêt de la microfinance
Les freins au développement de la microfinance en France
Produits financiers solidaires et microfinance
Maria Nowak sur le développement du microcredit en Europe
A propos de réforme du code monétaire et financier
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Introduction et présentation des intervenants
Théo (petit-fils de Maria Nowak et Hortense (fille d’Arnaud Poissonnier) introduisent brièvement cette conférence animée par Jean-Luc Bengel (Directeur de la rédaction de Gestion de fortune).
Pratique relativement peu connue en France, le plus souvent vue comme un outil destiné au pays en voie de développement, la microfinance n’en est pas moins un instrument pertinent pour certains publics en France. Jean-Luc Bengel présente les intervenants et revient sur leurs parcours respectifs :
- Jérôme Bignon (Député UMP de la Somme)
- Maria Nowak (Présidente ADIE)
- Arnaud Poissonnier (Président Babyloan)
- Guillaume Lefebvre (Directeur général adjoint Crédit Agricole Normandie Seine)
- François Lett (Directeur général délégué Ecofi Investissements)
Suite : la microfinance en France
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La microfinance en France
Après la présentation des intervenants, Maria Nowak est revenue sur le développement de la microfinance en France. Depuis son introduction il y a 20 ans notamment par l’ADIE, ce système rencontre un succès croissant (entre 20 et 30% par an), l’ADIE s’étant dotée d’un réseau couvrant l’ensemble du territoire.
Comme le précise Maria Nowak « le microcrédit est une solution d’avenir dans une économie en transformation favorisant les petites structures, que ce soit dans notre économie post-industrielle ou dans les économies pré-industrielles des pays en voie de développement ».
Ayant opéré 16 000 prêts e 2009, pour un montant moyen inférieur à 3 000 euros, l’ADIE a eu un parcours parfois difficile, sur lequel est revenu ensuite Maria Nowak. La complémentarité avec les banques s’est développée récemment, notamment sous l’impulsion de l’UE. L’intérêt des banques étant d’utiliser le microcrédit comme le moyen de favoriser l’enrichissement de ceux qui sont initialement exclus du système bancaire, et donc à terme, à en faire des clients potentiels.
Apparu notamment en Europe de l’Est après la chute du communisme, le microcrédit a pu se développer plus facilement en France à partir de 2001, avec le changement de la loi bancaire permettant aux organismes de microfinance d’emprunter pour prêter, puis grâce à la suppression du « taux d’usure » en 2005, pour les prêts aux entreprises individuelles.
Maria Nowak est revenue à cette occasion sur l’importance des taux, qu’elle considère secondaire (au vu notamment des montants prêtés) par rapport à la possibilité, ou non, d’accéder au crédit. L’évolution des taux pratiqués par l’ADIE et la réaction de ses clients en est la preuve.
Quant aux impayés, avec un taux de perte de 2,58% pour l’ADIE, il se situe dans la moyenne basse des taux affichés par les banques traditionnelles.
Suite : système bancaire et microcrédit
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Les taux d’intérêt de la microfinance
Après l’analyse des rapports entre le secteur bancaire et le microcrédit, Arnaud Poissonnier réagit concernant les taux d’intérêt. Il fait part des réactions parfois négatives vis-à-vis des taux pratiqués notamment dans les pays en voie de développement (supérieur à 20%). La pédagogie et la transparence sont essentielles à ses yeux pour convaincre l’ensemble des publics ainsi que l’opinion.
Suite : les freins au développement de la microfinance en France
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Les freins au développement de la microfinance en France
Après l’intervention d’Arnaud Poissonnier concernant les taux d’intérêt, Guillaume Lefebvre revient sur les obstacles auxquels doit faire face le microcrédit en France. Il cite notamment le poids d’une réglementation, parfois peu adaptée selon lui et donc facteur d’exclusion, ainsi qu’un contexte culturel du métier bancaire peu tourné vers les publics du microcrédit. Il revient à cette occasion sur l’exemple de la situation en France à la fin du 19ème siècle, l’exclusion du secteur agricole des circuits bancaires provoquant en retour la création de nouvelles institutions bancaires, dont le Crédit Agricole.
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Système bancaire et microcrédit
Après un premier bilan du microcrédit en France esquissé par Maria Nowak, Guillaume Lefebvre confirme la situation concernant le taux d’impayés. Une situation d’ensemble finalement positive, conduisant, comme il le souligne, à « un équilibre financier mutuellement bénéfique ».
Jérôme Bignon revient ensuite sur la nécessaire distinction entre le secteur bancaire traditionnel et la microfinance. L’exigence de rentabilité et les coûts de fonctionnement du premier ne lui permettent pas, selon lui, de toucher certains publics. Les organismes de microcrédit ont non seulement une moindre exigence de rentabilité, mais surtout un savoir-faire unique en matière de conseil et accompagnement. Une proximité avec la clientèle qui selon lui est la clé du succès pour travailler avec les publics traditionnellement exclus du circuit bancaire.
Une deuxième distinction est nécessaire entre le microcrédit personnel et le microcrédit entrepreneurial. Jérôme Bignon souligne à cette occasion les réticences de certains travailleurs sociaux notamment, vis-à-vis de taux considérés comme élevés au vu des publics visés, ce qui donne lieu à des « critiques très fortes ».
Maria Nowak confirme cette tension, rappelant que le microcrédit personnel s’appuie sur une tradition de crédits à taux zéro, dans une logique plus proche du don. Les crédits destinés à la création et au développement des entreprises, sur lequel travaille l’ADIE, appelle quant à lui une nécessaire rémunération, notamment au vu de l’importance du conseil de l’accompagnement à fournir.
Maria Nowak revient ensuite sur les sources de financement de l’ADIE.
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Produits financiers solidaires et microfinance
Après l’analyse des freins au développement de la microfinance en France, François Lett revient sur le fonctionnement du fonds commun de placement d’Ecofi, Babyfund, lancé en partenariat avec Babyloan. 10% du fonds est destiné aux financement d’institutions de microfinance à des taux préférentiels (entre 2 et 2,5%), la sélection des bénéficiaires étant réalisée en coopération avec les équipes de Babyloan. Les 90% restants sont investis en obligations, en respectant un certain nombre de critères éthiques. François Lett revient sur les avantages financiers du fonds, liquidité et performances notamment. L’objectif initial est d’atteindre 30 millions d’euros, soit 3 millions d’euros investis dans la microfinance.
Suite : Maria Nowak sur le développement du microcredit en Europe
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Maria Nowak sur le développement du microcredit en Europe
Après l’intervention de François Lett concernant Ecofi, Maria Nowak revient, suite à une question posée par un membre du public, sur les leviers pouvant favoriser le développement du microcrédit en France. Les clés du succès en Europe de l’Ouest sont principalement, selon elle, la coopération avec le secteur bancaire et l’évolution du cadre réglementaire. Concernant ce dernier point, elle souligne l’impact potentiel des institutions européennes, favorisant les évolutions législatives et une certaine cohérence à l’échelle européenne.
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A propos de réforme du code monétaire et financier
Après l’analyse de Maria Nowak sur le développement du microcrédit en Europe, Arnaud Poissonnier souligne la demande croissante du public pour le développement du microcrédit en France. Jérôme Bignon revient sur les réflexions en cours sur l’évolution du cadre réglementaire. Il précise notamment les besoins de l’Outre-Mer en matière de crédits, tout en reconnaissant que l’effort pédagogique nécessaire pour faire évoluer les mentalités, notamment des décideurs, prend un certain temps.
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26 octobre 2009
La microfinance en France, enjeux et perspectives
Le thème de la conférence
Microfinance et microcrédit sont spontanément associés au financement d'entrepreneurs de pays en voie de développement. Pourtant, aux Etats Unis, en France et en Europe, le microcrédit existe et se développe. Cette existence témoigne de plusieurs phénomènes :
- une inadéquation de l'offre bancaire avec la demande d'une partie de la population
- la population exclues du système bancaire traditionnel porte des projets et crée de la valeur économique et sociale
- le désir de créer une activité et de devenir entrepreneur doit être facilité et accompagné
Malgré le développement du microcrédit, le cadre législatif des pays riches n'est pas fait pour faciliter la microfinance et le microcrédit, plutôt macrofinance et macrocrédit. Ainsi des acteurs comme l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique en France - ADIE - ont du avant tout travailler à une adaptation et à une modification législative pour être en mesure d'exercer leur activité. D'ailleurs, le statut d'autoentrepreneurs est aussi l'aboutissement d'un long travail de plaidoyer de la part de l'ADIE.
Ici, il peut être intéressant de dresser un parallèle avec le social business, abordé dans la conférence Le Social Business dans tous ses états ! Quelle est la place de l'entreprise dans la solidarité ? En effet, à l'heure actuelle, il n'existe pas de statut qui permette de donner une existence légale au fait que des actionnaires renoncent à leurs dividendes. Une modification législative est donc prioritaire afin de donner un cadre et des normes pour le social business.
Ainsi, il est de bon augure que les acteurs du microcrédit et du social business se rencontrent, s'unissent et échangent leurs expérience pour faire changer la loi.
Organisation de la conférence
Toutes les conférences sont accessibles sur inscription gratuite depuis le site des rencontres de Babyloan.

La conférence se tiendra le dimanche 8 novembre à 16h30 au jardin d'acclimatation de Paris. Cette conférence sera animée par Jean-Luc Bengel Directeur de la rédaction de Gestion de fortune. En présence de :
- Jérôme Bignon Député UMP de la Somme
- Maria Nowak Présidente de l'Adie
- Arnaud Poissonnier Président de Babyloan
- Guillaume Lefebvre Directeur général adjoint - Crédit Agricole Normandie Seine
- François Lett Directeur général délégué d'Ecofi Investissements
Quelques questions préliminaires
La crise nous rappelle combien le tissu social est sensible à la détérioration de l’économie. Bien entendu les pays en développement, victimes indirectes de notre crise ont besoin plus que jamais d’aide mais en France aussi, des entrepreneurs gagnent à pouvoir accéder au micro crédit. Les pouvoir publics semblent s’en préoccuper, quelles perspectives pour le micro crédit en France ?
- Quelles est la situation du marché du micro crédit en France ?
- Ses acteurs, sa taille, ses enjeux ?
- Quelle est la place du micro crédit en Europe ?
- La réglementation française est elle adaptée au développement du micro crédit ?
- Que faire pour faciliter son développement ?
- On parle de réforme en France pour favoriser cette activité, ou en est-on ?
- Le cout de traitement d’un chômeur serait trois fois plus élevé que celui d’un bénéficiaire de micro crédit, qu’en est-il ? les pouvoirs publics en ont-ils conscience ?
- Le micro crédit est il LA solution au problème endémique du chômage ?
- Pourquoi n’existe-il pas de « Babyloan » pour les micro-entrepreneurs en France ? ou de façon plus général de site de P2P lending pour les entrepreneurs près de chez nous ?
Si vous avez des questions et des éléments de réponses, n'hésitez pas à laisser un commentaire auquel nous répondrons.



